29/02/2004

Contrefaçon

" Il peut nous arriver, dans la vie, de passer une nuit à l'hôtel Zuari. Sur le moment, il est possible que nous ne trouvions pas la chose particulièrement agréable; mais dans le souvenir, comme toujours dans les souvenirs, une fois éliminées les sensations physiques immédiates, les odeurs, la couleur, la vue de telle bestiole sous le lavabo, l'événement s'entoure d'un certain flou qui embellit l'image. La réalité passée est toujours moins mauvaise qu'elle ne le fut effectivement: la mémoire est une formidable faussaire."



Antonio Tabucchi, "Nocturne indien", 10/18 domaine étranger

17:12 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/02/2004

convivialité sur papier glacé

Parfois je me demande pour qui sont ces brochures publicitaires, ces photos sursaturées ou passées aux UV... J'adore.
J'adore ce côté faux, trompeur, digne de mauvais romans photos abandonnés prestement sur les tables de buffets de gare. J'aime l'humour qui en émane, ce côté "nous vivons dans un monde formidable", cette garantie rassurante du toc... j'adore et je ne m'en lasse pas...
Je pensais, néanmoins, que ce type d'images n'était destiné qu'à une certaine "élite", un public cible... mais l'évidence évince mes conceptions ignares... l'affluence et l'abondance de ce que je pensais n'exister plus que sous forme confidentielle, me rappellent l'étendue des ravages...
Je tiens à remercier, ici, tous ces acteurs d'un jours, ces mannequins du kitsh et de l'horeca pour le bonheur, peut-être involontaire (inconscient?), qu'ils distillent, habilement, dans leur travail...
je m'interroge cependant, vais-je parvenir un jour, par ce biais, au fond des choses?

12:37 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/02/2004

Question à deux balles

Avez-vous, comme moi, l'envie de vieillir, parfois?
Je pense qu'il doit s'agir de la certitude que certaines réponses me seront offertes avec le temps et qu'il me tarde de passer (penser) à autre chose. Oserais-je poser l'idée d'une confiance en l'avenir? Ce qui, venant de moi, tend à me surprendre, voir même, à me faire sourire...

14:16 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

pensées multiples...

je rêve d'une adéquation sans inconnues, sans équation d'ailleurs... mis à part cela, je ne rêve plus beaucoup. je reste là, face à mon sommeil, le surveillant d'un oeil suspicieux...

Hier, j'ai revu M.. Elle m'a sauté au cou. Surpris, je l'ai serré très fort dans mes bras. Cela m'a fait du bien. Du haut de ses deux ans (ou est-ce trois?), elle m'a restabilisé. La vie ne tient à rien, à si peu, à un fil: comment puis-je accepter de m'être fourré dans un tel sac de noeuds?

Il faut faire quelque chose

Il faudra penser à recontacter ces gens perdus de vue.

Question à deux balles: maison ou appartement (bien que l'idée du bateau me trotte toujours en tête)?
Question à deux balles (la suite): combien de chambres?

note: je me sens sans imprévu.
ps: ne pas oublier d'effacer ces bêtises tout à l'heure.

10:04 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/02/2004

évidence?

Les choses sont ce qu'elles sont: je ne pourrai rien y changer. Ce qui fut fait, le fut à bon escient, ou le fut pensé comme tel et, qu'en bien même je puisse, par instant, en douter quelque peu, qui puis-je aujourd'hui?
Il est grand temps de se tourner vers ailleurs que vers les songes nostalgico-melo-dramatique. Il me restera, certes toujours, de vieux chromos mortifiant pour me rappeler d'où je viens, mais je tenterai de ne plus les laisser me dicter un simulacre de destin.

13:18 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

24/02/2004

alors que faire?

Le plus difficile ne réside pas dans l'écriture de pensées brèves et précises, mais dans la concision qui incombe à tous propos.
L'éllipse m'angoisse. Je reste toujours incertain envers l'autre et son aptitude, par sa connaissance de la situation de communication, à rétablir le contexte linguistique ...
Personnellement, à travers une phrase, je vais toujours un pas trop loin dans l'interprétation...

22:47 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

photographique...

Mise au point, cadrage, éclairage, obturation et temps de pause: tant de petits et infimes éléments nécessaires à l'accomplissement d'un instantanné...
Pour une éternité argentique, capturer le fractionnement d'une seconde; au-delà du technique, tout réside dans le choix du regard en errance...

17:53 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/02/2004

avant de poursuivre, interlude poétique...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de "la poursuite du bonheur" de Michel Houellebecq

 

 

Derniers temps

 

Il y aura des journées et des temps difficiles
Et des nuits de souffrance qui semblent insurmontables
Où l'on pleure bêtement les deux bras sur la table
Où la vie suspendue ne tient plus qu'à un fil;
Mon amour je te sens qui marche dans la ville.



Il y aura des lettres écrites et déchirées
Des occasions perdues des amis fatigués
Des voyages inutiles des déplacements vides
Des heures sans bouger sous un soleil torride,
Il y aura la peur qui me suit sans parler.



Qui s'approche de moi, qui me regarde en face
Et son sourire est beau, son pas lent et tenace
Elle a le souvenir dans ses yeux de cristal,
Elle a mon avenir dans ses mains de métal
Elle descend sur le monde comme un halo de glace.



Il y aura la mort tu le sais mon amour
Il y aura le malheur et les tous derniers jours
On n'oublie jamais rien, les mots et les visages
Flottent joyeusement jusqu'au dernier rivage
Il y aura le regret, puis un sommeil très lourd.



13:23 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |