02/04/2004

et maintenant... romançons!

- Vous êtes toujours célibataire?
Me demanda-t-il en m'assénant un clin d'oeil qu'en un autre endroit j'eus pu interpréter comme déplacé.
- Oui.
- Ah... je pose la question parce que, voyez-vous, on accorde plus de, comment dirais-je, de... de "stabilité", entre guillemets, à un couple qu'à une personne vivant seule, vous comprenez?
Posant ses mots, il s'enfonce avec aisance dans son fauteuil en me communicant (cherchant vraissemblablement ma complicité) l'un de ses plus beaux sourires misérablement commercials (a-t-il d'autres expressions faciales dans sa palette?) auquel, poliment, je répondis d'une inclinaison sommaire de la tête, lui témoignant, ainsi, mon plus profond respect puis, je repris:
- Comprendre? Non, pas trop, mais de toute façon, je ne vais pas me mettre en ménage ou me marier, produire deux ou trois enfants à la chaîne pour faire preuve de stabilité, parce que, si je m'y prenais ainsi, pour cette raison, penseriez-vous vraiment que je serais quelqu'un de stable?
- euh...
Il se redressa prestement vers son bureau, reprit quelques papiers, visiblement, la pause kit-kat-cool venait de se terminer.
- d'autres questions?
- oui, bien sur, votre âge est bien de ...

A la réflexion et à la lumière de ceci, je ne suis pas absolument certain que le couple aujourd'hui soit le modèle même d'une quelconque stabilité sociale... pas vous?

16:33 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

Stabilité La stabilité est un problème d'architecture : on part du principe que si les fondations sont suffisemment profondes, la base bien solide, l'édifice lentement construit avec un soin tout particulier, alors rien ne pourra venir ébranler notre construction.
Et d'année en année, on se réjouit de notre réalisation : elle résiste aux pires attaques extérieures, aux agressions du temps, aux pires tempêtes.
Mais un jour le coeur de la Terre se réveille, se fâche, gronde et tremble.
Lentement, notre stabilité vascille.
De l'intérieur les murs aux papiers peints fleuris s'effritent.
Les planchers où ont résonné les petits pas de nos enfants s'effondrent.
Bien sûr, il reste la façade extérieure.
Triste, aveugle et désespérée comme un avion sans ailes.
Et alors, les architectes que nous sommes tous ( oui, TOI AUSSI ça te concerne!), ébauchent avec nostalgie un projet de reconstruction.
Mais... sur les anciennes fondations...
Et toi, quel bâtisseur es-tu?

Écrit par : chouchou | 03/04/2004

d'accord avec toi bonne semaine

Écrit par : francine | 05/04/2004

ASSURÉMENT par pollux !

Écrit par : CHEWIE | 05/04/2004

... Euh...:-)

Écrit par : sioran | 05/04/2004

Chouchou... bonne définition, bonne réflexion!

Écrit par : J | 07/04/2004

... Chouchou,
Bonheur-bonheur de lire ton commentaire, il éveille en moi bien des ébauches d'impressions... et cette question posée ouvre de nombreuses pistes de réflexion: "Et toi, quel bâtisseur es-tu?"
Je reste sur le fil, funambule, et m'interroge sur la pertinence que pourraient encore tenir mes propos.
Quel bâtisseur?
Un utopiste? sans aucun doute, quelqu'un qui croit, peut-être vainement, mais qui croit malgré tout que tout est et reste possible. Que d'une ruine peut renaître le plus merveilleux des palais, où plus fondamentalement, l'embryonnaire cocon...
Un réaliste? Celui qui mettra tout en oeuvre pour que s'esquisse de nouvelles projections...
Difficile de trancher (mais le faut-il?). Tu ouvres une brèche, chouchou, tu laisses pénétrer un trait de lumière qui vient éclairer de nouvelles perspectives à explorer!
Merci à toi. :-)

Écrit par : jibi | 08/04/2004

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